Tiroirs de linsolite : Monica

Entre la mort de Facel en 1964 et la Ventury de Godfroy et Poiraud 20 ans plus tard, Monica fut certainement la plus belle aventure tricolore
En 1930, M Tastevin rachète les “Ateliers et Chantiers de Balbigny”, un fabriquant de matériel pour les mines et le chemin de fer qui fait travailler 50 personnes, et se spécialise dans la démolition de matériel ferroviaire. En 1964, Jean Tastevin succède à son père et reprend la construction de wagons. Lentreprise devenue “Compagnie Française de Matériel Ferroviaire” (CFMF) prospère. Elle compte 400 salariés et quatre wagons par jour sont produits dans les ateliers. Entreprenant et fort de ses succès dans le ferroviaire, Jean Tastevin, vrai passionné dautomobiles, veut créer, dès 1966, sa propre voiture.
Pour son projet dautomobile raffinée, confortable, mais aussi puissante, le patron de la CFMF va se tourner vers le Royaume Uni et Chris Lawrence. Citoyen britannique attaché à la marque Morgan, ce dernier a crée, parallèlement à sa victoire en 2 litres au Mans en 1962, sa marque dautomobiles, Deep Sanderson. Un grave accident l’a contraint à vendre ses travaux sur les liaisons au sol, et à se lancer dans le conseil.
L’épouse de Jean Tastevin, Monique, donnera son nom à la berline de grand standing
L’entrepreneur Forézien va consacrer plus de 7 ans et toute son énergie à faire naître et vivre son projet. La Monica est conçue comme une véritable GT. Châssis tubulaire, caisse en aluminium, double triangulation, essieu De Dion et amortisseurs Koni, moteur V8 de 3,5 litres, conçu par Ted Martin pour la formule 1 et réalésé ou encore boite ZF à 5 rapports, rien nest trop beau. Le premier prototype construit par Williams et Prichard en Grande Bretagne est cependant loin du rêve de Jean Tastevin. Cest un jeune designer Roumain, Tony Rascanu qui dessinera la Monica définitive. Ebauche à léchelle 1 par Chapron, puis réalisation par Vignale, le décès de celui-ci contraint Jean Tastevin à faire de nouveau appel à la sous-traitance britannique.
La Monica 350 est exposée au salon de Paris 1972. Lintérieur est luxueux, cuir Connolly, bois précieux, volant Nardi, tableau de bord Jaeger, léquipement est aussi complet, vitres électriques, climatisation, quunique avec une ouverture assistée des portesbref elle rassemble tout ce dont on peut rêver. Jean Tastevin a mis tous les moyens pour assurer son succès.

Peu fiable, le V8 anglais est abandonné pour un Chrysler de 5,6 litres poussé à 285cv. Rançon dun équipement généreux et dune mécanique volumineuse, le poids de la belle senvole à 1850kg. La Monica 560 exposée au salon de Paris 1973 est aboutie. Avec 240km/h en pointe, cest la berline la plus rapide du monde.
Mais voilà, sous-traitance douteuse, choc pétrolier, manque de notoriété, 17 Monica seront construites à Balbigny. Larrêt définitif en février 1975 marque aussi le début des difficultés pour lentreprise de M. Tastevin qui finira par déposer son bilan en 1987. A Balbigny, on construit aujourdhuides remorques de camions. Regrets éternels
























16 commentaires »
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Elle avait de la gueule (et du coffre; 285 ch, vé!) pour l’époque! et je cracherais pas deçu encore aujourd’hui!
12 mars 2007 à 22:402
avant a chi**, mais allure et ligne superbes
13 mars 2007 à 2:253
La ligne a un je-ne-sais-quoi de Jaguar. Très belle voiture, qui semble avoir été un vrai haut-de-gamme.
Il faut croire que décidément, le haut-de-gamme et la France, ça fait deux.
13 mars 2007 à 3:194
On la ressort maintenant telle quelle avec des techniques et des materiaux modernes et elle marche du tonnerre !!!!
J’addooooooorree regarder danser les vieilles voituuuuures….
13 mars 2007 à 8:545
Voiture vraiment élégante. J’ai eu la chance d’en croiser une il y a quelques années, le bruit du moteur rappelle furieusement celui des Facel II, donc sublime. On dirait un Riva
13 mars 2007 à 10:036
Encore un tiroir qui a bien fait de s’ouvrir !!
Merci Bernard pour cette magnifique auto !
C’est vrai que les feux arrières semblent empruntés à une Jaguar, mais la ligne générale est très personnelle.
Très tendance même aujourd’hui avec cette mode des coupés 4 portes. La Monica est clairement à l’avant garde de ce concept !
Existe t’il une estimation du nombre d’exemplaires ayant survécu ?
13 mars 2007 à 10:107
Une belle exotique …
Le principe de reprise du groupe moteur-boîte-pont sur des modèles de grande série d’Outre-Atlantique semble être presque une tradition pour le haut de gamme français : FACEL et MONICA s’y sont pliés.
On peut se prendre à imaginer la suite : des organes NISSAN habillés par Patrick LE QUEMENT pour une nouvelle tentative de RENAULT dans le haut de gamme.
A moins que le succès actuel de FIAT démontre qu’un constructeur généraliste n’a pas besoin de haut de gamme pour vendre son milieu de gamme, comme on le croyait dans les années 1990…
13 mars 2007 à 10:158
Quelle ligne !!!
http://tout-pour-auto.blogspot.com
13 mars 2007 à 12:509
qu’elle belle voiture ,j’ai du en voir une ou deux quand j’etais ado,vraiment la classe,dommage que dans nos constructeurs,il n’y en ai pas un qui essai de construire une voiture de ce calibre,meme Matra avait eu l’idee de faire une Murena avec un 12 cylindres ( degonflé)mais voila Peugeot n’a pas voulu.une Citroën C6 avec un V8 cela aurait de la gueule .Elle etait belle cette Monica
13 mars 2007 à 17:5610
à André : je ne connaissais pas ce projet de Murena V12 ; il y a bien eu un projet de Bagheera (nom de code “U8″) avec un 8 cylindres, constitué par le jumelage de deux 4 cylindres ; projet qui n’a pas vu le jour puisque au lendemain de la crise du pétrole…
13 mars 2007 à 22:01Pages : [1] 2 » Voir tous les commentaires
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