Brève rencontre: Triumph TR7
Je sais, c’est facile de se moquer des voitures issues de British Leyland/BMC/BLMC/Austin-Rover/MG-Rover, a fortiori leurs productions des années 70-80. Pour résumer en quelques mots la TR7, il suffit de dire que British Leyland s’était posé la bonne question, mais y répondit mal. La (bonne) question était: “Comment remplacer les MG B et Triumph TR6, avec un véhicule capable de consolider nos positions aux Etats-Unis?” Et la (mauvaise) réponse fut la TR7…
En 1953, Triumph sort la TR2, premier maillon d’une série de fameux roadsters sportifs (admirez ce dessin, qui voudrait vous faire croire qu’une TR3A est un immense paquebot aux accélérations de dragster…) En 1961, Standard-Triumph passe sous contrôle de British Leyland, laquelle fusionna plus tard avec BMC, pour former la BLMC.
A la fin des années 60, le groupe songe à remplacer ses deux roadsters vedettes, la MG B et la Triumph TR6. Ils se vendent très bien, notamment aux USA, mais BLMC sait qu’ils ne sont pas éternels…
La TR7 fut d’abord un duel. MG et Trumph se concurrençaient plus ou moins. MG a construit un prototype de coupé à moteur central qui ressemblait étrangement aux premières études de la Dino 206 GT. Tandis que Trimph présente la Bullet, un clone maladroit de Porsche 914, mais à moteur avant. Vous mélangez les deux, avec une bonne louché de ligne en coin typique des seventies, signée Harris Mann et vous obtenez la MG Magna, un prototype quasi définitif.
Comme les chefs de projet sont des hommes de Triumph, MG est sacrifiée.
La TR7 se destine clairement aux Etats-Unis. Elle est donc équipée de gros pare-chocs noirs absorbeurs de chocs et d’un tableau de bord “sécuritaire”. Bench mark: Datsun 240Z et Porsche 914 (elle vise la sophistication de l’Allemande et le prix de la Japonaise); d’où le choix d’un coupé. Comme le 16 soupapes de la Dolomite ne passe pas les normes anti-pollutions, il faudra se contenter du 8 soupapes.
La TR7 est présentée aux Etats-Unis, début 1975. 105ch d’origine, c’était moyen pour 1,1t, avec les normes US, il passe à 90ch et même 86ch en Californie! D’où une réputation de veau.
L’année suivante, elle traverse l’Atlantique. Certains journalistes prévoient qu’elle va battre la Datsun 240Z, la RX7 et même la Porsche 924! Les fans remarquent surtout que c’est un coupé (rappellons que “TR” signifie “Triumph Roadster”) et que sa qualité de fabrication est horrible. Pour cette dernière, il faut savoir que BLMC fermait usine après usine (notamment Speke où fut produite la TR7 jusqu’en 1977), d’où des grèves et des employés guère motivés. De plus, pourquoi acheter un coupé, en 1976, alors que des petites GTI (dont la fameuse Golf, sortie l’année précédente) sont plus performantes et n’ont pas le côté “minet du XVIe”?
A partir de là, Triumph était bon pour sortir les rames. En 1979, le cabriolet arrive enfin. A la même époque, la TR7 tente sa chance en rallye, avec déjà un V8 Rover sous le capot. A son volant, Roger Clark et Tony Pond collectionnèrent les victoires en championnat anglais.
En 1980, la TR8, munie du V8 Rover 3,6l 133ch, offre des performances plus décentes. Certains se rendront chez leurs concessionnaires Austin-Rover, en vain, car l’essentiel de la production est expédiée aux Etats-Unis.
La même année, afin d’arrêter la concurrence interne, la MG B est stoppée. En 1981, Austin-Rover décide de fermer l’usine Triumph de Canley et de transférer la production chez Rover à Solihull. Mais les invendus s’accumulent et en octobre 1981, après 3 mois à Solihull, la TR7/8 s’éteint.
Trop typée “cale en bois”, elle fut vite ringarde. D’où des prix cassés. Néanmoins, pour ceux qui seraient intéressés, attention aux arnaques. Des charlatans crée des TR8 en installant n’importe quoi sur des TR7: V8 de Range Rover, de Triumph Stag ou V6 de Ford Capri! On passe aussi sur les coupés transformés en cabriolets après un coup de tronçonneuse Outil Wolf. Il y a enfin le carottage clasique des 3 couches de peintures et du Rubson pour masquer la rouille perforante…
Certains puristes de la marque la méprisent. D’autres ont dit “mieux vaut la TR7 que l’Acclaim” et plus tard “mieux vaut l’Acclaim que rien”. En tout cas, il nous reste de fameuses campagnes de pub avec des mannequins peu vétues…




















10 commentaires »
1
Triste fin pour une grande marque
1 mars 2007 à 23:112
“Je sais, cest facile de se moquer des voitures issues de British Leyland/BMC/BLMC/Austin-Rover/MG-Rover”
Oui, c’est facile.
“En tout cas, il nous reste de fameuses campagnes de pub avec des mannequins peu vétues”
La aussi je confirme.
1 mars 2007 à 23:333
“the shape of things to come”
1 mars 2007 à 23:34mort de rire
4
j’l'avais en majorette, lol
2 mars 2007 à 0:015
j’en ai eu une en 1993 un cabriolet vert eau….beaucoup de problème de fiabilité mais une voiture sympa, celle que j’ai le plus regretté c’est ma spitfire
2 mars 2007 à 9:026
… et une participation dans “La cage aux folles” !
2 mars 2007 à 15:077
j’en ai deja vu plusieurs foi, elle est quand meme sympa cette roadster avec toit !
Non, c’est vrai que comparé à celle d’avant elle est minable, mais sinon elle est sympa, le design aussi seulement les parchocs ne l’aide vraiment pas…
A quelle saloperie ces parchocs noir pour les States des 70’s….
2 mars 2007 à 20:538
Je sais, cest facile de se moquer des voitures issues de British Leyland/BMC/BLMC/Austin-Rover/MG-Rover, a fortiori leurs productions des années 70-80.
bis et repetita…
2 mars 2007 à 20:58t’es + ds la course mon cher Jonathan.
Personellement je l’aurais préférée en vert….
9
Aprés une super car vendue au final aprés 10 années à cause de l’ambiance diverse et variées des open roads d’aujourd’hui , cette réalité m’a fait rechercher une voiture aboutie des années 80 pouvant préserver mon plaisir de conduire en dispense totale de tous les inconvénients entrainé au volant d’une supercar . Je l’ai trouvé tout le monde s’en fou de cette voiture complétement inconnue , elle vaut quasiment rien ( donc renouvelable sans probléme si besoin est), pourtant c’est la plus aboutie des Triumph , construite à la main elle a tous les génes qui font le charme éternelle des anglaises la fiabilité en plus, elle cruise à 130 , vie cool à 90 et à 50 que du bonheur.
10 mai 2007 à 22:10cordialement http://triumphtr7cabriolet.over-blog.fr/
10
Bel article,bien documenté…qques petites erreurs toutefois.
J’ai possédé un coupé TR7,puis un cabriolet que j’ai conservé ainsi qu’une TR8 (ex US)avec laquelle toute balade est un reel plaisir.
7 avril 2009 à 21:23Ces voitures ont souvent été décriées par les “amateurs”,soit disant “éclairés”,de roadster anglais…
Pourtant ,à l’usage,elles se revelent être de véritables voitures à vivre et surtout représentent un reel progrès en matière de tenue de route et de confort.
Je possede d’autres Triumph à 4 et 6 cylindres qui ont toutes un charme indéniable mais qui sont toutes ,à des degrés divers, bien en deça de ce que l’on pouvait attendre d’une voiture de sport de la même période.
La TR7 et la TR8 ,en revanche,sont en phase avec leur époque et restent aujourd’hui parfaitement utilisables ,autant dans pour des trajets urbains que lors de longs voyages….
Leur ligne ,ambitieuse pour l’époque, rompait définitivement avec la série précédente (c’est ce qui leur a été d’ailleurs principalement reproché)mais leur conception ,monocoque et mac pherson,était enfin moderne…
Le 4 cylindre de la TR7 n’était, de plus et à l’usage ,pas si anémique en comparaison d’une TR6 125ch..
De surcrois le V8 de la TR8 en fait la Triumph la plus aboutie de toute la lignée..
En bref,si vous en trouvez une (7 ou 8)ne l’ignorez pas…elle saura vous le rendre !
Ajoutez un commentaire