Brève rencontre: Citroën Axel

Axel Brève rencontre: Citroën AxelIl existe des voitures d’emblée condamnées. L’Axel est né du mariage entre les produits (disons originaux, pour être poli) de Citroën et les moyens (plutôt limités) du gouvernement Roumain de Ceausescu.

En partant de là, il aurait été difficile de faire une superproduction et l’Axel de cumuler tous les handicapes possibles et imaginables. Cette voiture était nulle et elle fut un bide, tant sur le plan commercial, qu’industriel. Du coup, elle en devient presque sympathique.
Projet Y Brève rencontre: Citroën AxelL’origine de l’Axel est double. D’une part, il y a le « projet Y », censé remplacer l’Ami 8 et construit sur base Fiat 127. Par ailleurs, lorsque Georges Taylor, né en Roumanie, prend la tête du directoire de la marque aux chevrons, il convainc la firme d’un potentiel de ventes en Europe de l’est.
Un accord est signé en 1976 entre Taylor et Ceausescu pour la construction d’un usine à Craiova en Olténie, chargée de produire un véhicule au rythme de 130 000 unités par an (dont 50% doit être badgé Citroën, pour l’ouest et 50% badgé Olticit, pour l’est.) Un société mixte est créée, baptisée Oltcit (OLTénie-CITroën), dont Citroën détient 36%.

citroen axel 1 Brève rencontre: Citroën AxelEntre temps, PSA a racheté Citroën, moribond. Le projet Y est scindé en trois modèles: la LNA, la Visa et l’Axel. Cette dernière sera la seule à bénéficier d’une plateforme inédite.
Pour la mise au point, Citroën a accueilli un groupe d’ingénieurs et de techniciens Roumain, afin de les former. En fait, ce sont des agents secrets, dont le travail consiste à copier les plans de la Visa! Ensuite, les Roumains, qui doivent prendre en charge une partie de l’étude, retoucheront à peine les plans et le présenteront à Citroën, qui n’a rien vu!

Pour respecter la réputation de la bureaucratie des régimes communistes, le démarrage de l’usine de Craiova s’éternise. Les premières Axel sortent en 1982 et débarquent dans l’hexagone en 1983. Soit environ 5 ans de retard sur le planning initial.
Côté versions, on a le choix entre l’Axel « tout court » avec son 1,1l de GS offrant 57ch, la 11R, légèrement mieux équipée et la 12 TRE motorisée par un 1,3l 62ch. Pas de diesel. Le 652cm3 34ch de l’Ami 6 fut également disponible, vitesse de pointe: 120km/h.

85CitroenAxel Brève rencontre: Citroën AxelOutre une ligne affreusement banale, un équipement « français » et une finition « roumaine », l’Axel souffre d’un mauvais cx, qui entraine une consommation excessive. Elle doit lutter à la fois face à des concurrentes plus sympathiques (Panda, Renault 4,..) et d’autres modèles de Citroën (2cv, LNA et Visa.)
En 1986, l’AX entre en scène et la nouvelle est plus moderne, mieux finie et offre un meilleur comportement routier (c’est dire le niveau de l’Axel.) Les ventes culminent à 37 000 unités en 1984 (soit à peine le quart de l’objectif), essentiellement des « entreprise » (sans banquette arrière et à TVA réduite.)

oltcit24 Brève rencontre: Citroën AxelEn 1988, Citroën revend ses parts d’Oltcit et deux ans plus tard, il arrête de la distribuer. Chrysler s’y intéresse et envisage de la distribuer au Canada, où heureusement, elle ne passa pas les normes antipollutions.

Oltcit devient Oltena et poursuit son chemin, avec l’ajout d’une maladroite version 5 portes, ainsi que d’un pick-up. Mais même les Roumains n’en veulent pas. Qui plus est, à cause de l’inflation, Oltena perd environ 2000 sur chaque voiture!

Oltena Brève rencontre: Citroën AxelFin 1994, Daewoo rachète Oltena, qui devient Rodae (ROmania DAEwoo) et commence alors à produire de Nexia. L’Axel restera encore un an, subissant un autre lifting. En 1996, peu après son arrêt, un industriel comptait transférer la production à Timisoara, mais le projet fit long feu.

Rodae n’a pas fait parti des actifs rachetés par GM et continue de produire sous le nom de Daewoo.

Sbarro axel Brève rencontre: Citroën AxelDu côté des modèles spéciaux, il y eu cette curieuse fourgonnette signée Sbarro, en 1984. Bien malin celui qui aurait reconnu la base d’Axel. Le look de cette voiture (à commencer par sa peinture or) était déjà ringard à l’époque. Néanmoins, partant de l’Axel, on peut dire qu’il y a un progrès!

Oltcit envisagea de produire une Axel cabriolet sans arceau. Mais le véhicule avait de graves problèmes de rigidités. Des tests furent menées avec une planche en bois (!) entre les deux ailes, sans succès.

  1. jean dit :

    si vous etiez un tant soit peu gestionnaire mon cher JOest ,vous sauriez que le prix n’est pas tout.L’Axel revenait en entretien 40% moins cher que sa plus proche concurrente ,c’etait un vehicule multi usage,coffre immense ,sure à conduire.Quantd allez vous vous decider à ne parler que de ce que vous connaissez? Combien ici serait incapables de reconnaitre une axel d’une Visa voire d’une 104 ?Attachez vous à votre epoque,à ce que vous connaissez ,ce sera beaucoup plus interessant que vos avis tranchés sur ce que vous n’avez pas connu.

  2. seb sarraude dit :

    ma fuego m’avait coûté 4000 francs en 1999; je l’ai revendu 4000fr 3ans plus tard avec 60000km en plus.

    De toutes façons on ne pas discuter objectivement de nos premieres voitures, mais on peut surement en faire de sacres diners de cons ;)

  3. Fabrice dit :

    @Jean:

    vous avez un discours ‘rose tinted sunglasses’ comme on dirait en anglais…
    Chose que l’on rencontre souvent chez des personnes d’un certain âge, qui ont connu les voitures des années 60-70, et pour qui le simple fait de ne pas tomber en panne chaque semaine, de ne pas devoir remettre de l’huile tous les 2 jours, changer de pneus tous les 5.000km, bref, le fait d’avoir simplement une voiture qui roule les satisfait déjà amplement.
    C’est certain, c’est beaucoup mieux que d’être à pied ou en mobylette, mais bon, il faut savoir rester objectif.
    Je suis un peu trop jeune pour avoir connu cette époque « en adulte » pour parler d’expérience, par contre j’ai possédé des ancètres et je peux parler en connaissance de cause.

  4. Joest dit :

    Jean> Moi, ce qui m’étonne, c’est le chiffre de « 40% moins cher en entretien que sa plus proche concurrente. » On ne peut pas dire que les R4, 2cv et autres Panda soient très coûteuses en entretien…

  5. Laurent dit :

    Fantastique !
    Une auto sûre, spacieuse, pratique, polyvalente, au budget de maintenance minimaliste !
    Mais alors elle devait être la coqueluche des automobilistes de son époque, un « must have », à tout le moins un succès d’ampleur !
    Non ?
    Un flop commercial ?
    Ah bon, ben alors n’y aurait-il eu que quelques visionnaires ? Ah si tous les gens avaient été des « jean » mais on ne refait pas l’histoire….

  6. François dit :

    On était loin des 40% de coûts d’entrtien en moins…Le moteur boxer consommait par nature, et bien plus qu’une 4L (le meilleur choix de l’époque pour ce prix , à mon avis) ! En revanche, c’était réellement une voiture aboutie sur le plan technique mais qui aurait du sortir de chaîne en 78 ! C’est la qualité du montage de l’usine qui est à 100% responsable du flop…Tout de même,quelle ironie du sort…aujourd’hui, les constructeurs se battent pour investir en Roumanie et autres pays de l’Est.
    Aucune voiture n’est nulle,Il n’y a que des actes manqués….Souvenez-vous de la Tagora, et plus proche de nous, de l’Avantime (voila qui ravira les « modernes »)…

  7. fulvia dit :

    La vérité, c’est qu’une Axel finissait par avoir une fiabilité acceptable… une fois qu’on avait remplacé les pièces « made in Romania » par leurs jumelles françaises. Cela dit, je ne partage pas l’analyse à l’emporte-pièce et de bas étage de monsieur Joest…
    Avant d’écrire des âneries, sachez que le train arrière de l’Axel à barres de torsion transversales et amortisseurs couchés a été proprement pompé par Peugeot pour la 205 après l’avoir rodé sur le break 305. Horriblement mal fabriquée, mal accouchée au niveau style, l’Axel aurait mérité mieux.
    Mais pour le savoir, encore faut-il prendre la peine de relire les papiers de l’époque, qui n’était pas 100 % négatifs à l’endroit de cette malheureuse Axel, loin s’en faut.
    Le coffre pratique (grande ouverture, plancher plat grâce au fameux essieu arrière), le confort, la tenue de route et la bonne volonté des boxers (au prix d’un appétit conséquent) étaient soulignés.

    Arrêtez de ne faire confiance qu’à votre petite mémoire et aux idées reçues de moutons bêlants qui ne jurent que par les belles allemandes… Taper sur l’Axel sans discernement, c’est d’un conformisme ! A quand le petit papier ricanant sur la BX, summum de la nullité automobile selon les beaufs et/ou ignares (rayez la mention inutile) ?

  8. Double Chevron dit :

    Si la perfection existe , elle n’est pas de ce monde …Non l’AXEL n’était pas parfaite mais quelle voiture quand même ! J’en ai eu une durant 18 ans (2×9). Je lui ai tout fait subir , elle m’a servi de « camion » lorsque j’ai rénové une ferme (400kg de ciment à bord , autant dans une remorque et franchir une côte à 11%), elle m’a fait faire le tour de France en m’offrant le plaisir de gratter des voitures bien mieux armées qu’elle dans les côtes du massif central , elle n’a pas bronché une seule fois … la seule panne … après la visite de garantie des 12 mois , un fil mal rebranché par le garagiste ! J’ai fait moi-même l’entretien courant(je ne suis pas mécano!) Elle est passé au contrôle technique haut-la-main avant que je la donne à un collectionneur qui part en caravaning avec , car elle est toujours assez vaillante pour pouvoir tracter ! Et tout çà sans broncher , sans chauffer en ayant changé une seule fois l’échappement , les courroies de distribution et les plaquettes de freins (ventilés SVP) à l’avant … Alors moi je dis MERCI AXEL TRS et bonne retraite !

  9. tacot dit :

    l’axel a été ma première voiture en 1988 . c’était un modèle entreprise acheté d’occasion 20.000 francs à 20.000km en version entreprise…j’ai fait le tour d’europe avec, puis je l’ai modifié en 4 places, en dessoudant la tôle arrière et en installant un intérieur complet de 12TRS trouvé en casse…elle a encore duré un moment, puis revendue à un copain, qui a tourné un moment avec avant de se faire emboutir…résultat, elle était moche, bruyante, direction de GS ultra-lourde et consommait mais, contrairement à ce qui est prétendu par qui ne l’a jamais conduit ni même jamais vu autrement qu’en photo, avait une excellente tenue de route et , si on avait de la chance de tomber sur un bon numéro, une bonne fiabilité et un entretien pour peau de balle. et comme le dit double chevron, on pouvait la charger comme un chameau!
    Une voiture anachronique, pas valorisante pour un sou…mais que de bons souvenirs!

  10. LLD dit :

    Un beau tissus de mensonges ce qui est écrit au sujet de l’Axel !
    Il est préférable de se renseigner avant d’avancer de fausses vérités !

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